Infobésité : ce que mesurent les études françaises
« Infobésité » : le mot a fait son entrée dans le vocabulaire des ressources humaines il y a une quinzaine d'années. Il désigne un excès d'information qui, comme l'excès de nourriture, finit par peser sur celui qui le subit.
L'image est juste. Et en France, on ne se contente plus de l'image : on mesure.
Qui mesure l'infobésité en France ?
Depuis plusieurs années, l'Observatoire de l'infobésité et de la collaboration numérique (OICN) publie, avec la société Mailoop, des études fondées non pas sur des questionnaires, mais sur les traces laissées par les outils : plus de 58 millions de mails et 1,7 million de réunions, pour près de 9 000 personnes, dans l'une de ses éditions. On ne lit pas le contenu des messages ; on compte qui écrit à qui, combien, et à quelle heure.
Les chiffres varient d'une édition à l'autre, ce qui est normal pour des panels qui évoluent. L'ordre de grandeur, lui, est stable.
Combien de mails reçoit-on en France ?
Entre 135 et 144 mails reçus par semaine en moyenne, soit près de 30 par jour ouvré.
Plus de 330 par semaine pour les dirigeants, soit plus du double. Plus on monte dans l'organisation, plus on est en copie.
31 % des salariés « hyperconnectés » : ils se connectent après 20 heures plus de cinquante soirs par an. Pour les dirigeants, c'est plus d'une centaine de soirées.
Plus de 70 % interrompent ce qu'ils font quand une notification arrive.
Ces moyennes françaises sont plus basses que les 117 mails par jour mesurés par Microsoft en 2025 à l'échelle mondiale. Mais elles mesurent la même chose : un flot qui ne s'arrête pas avec la journée de travail, et qui coupe le travail pendant la journée.
Quels sont les effets de l'infobésité ?
Elle fragmente l'attention. Chaque mail qui arrive pendant un travail de fond est une occasion de le quitter. Les travaux de la chercheuse Gloria Mark ont montré qu'on revient à une tâche interrompue en plus de vingt minutes en moyenne, après un détour par d'autres tâches.
Elle déborde sur la vie personnelle. Les connexions du soir ne sont pas toujours imposées : souvent, on rouvre sa boîte pour « rattraper » ce qu'on n'a pas pu traiter dans la journée.
Elle use. Les chercheurs Stephen Barley, Debra Meyerson et Stine Grodal ont montré en 2011 que plus on passe de temps sur ses mails, plus on se sent débordé, et que le mail devient le symbole même de la surcharge, au point de masquer ses autres causes.
Que prévoit la loi française ?
La France a été l'un des premiers pays à légiférer. Depuis le 1er janvier 2017, l'article L2242-17 du Code du travail impose aux entreprises de plus de 50 salariés de négocier les modalités du droit à la déconnexion, ou à défaut d'élaborer une charte. La loi parle des « outils numériques » en général, pas spécifiquement du mail, et ne prévoit pas de sanction propre. Elle a le mérite de poser une règle : le temps de repos est protégé.
Mais une charte ne vide pas une boîte. Le salarié qui ne se connecte pas le soir retrouve le lendemain matin les messages de la veille, et le stock de la semaine passée.
Que peut-on faire individuellement ?
- Mesurer d'abord. Combien de messages arrivent chaque jour ? Quelle part est réellement adressée à vous, et non en copie ou envoyée en masse ?
- Réduire le flot à la source : se désinscrire de ce qu'on n'ouvre plus, demander à sortir des listes de copie inutiles.
- Traiter par créneaux, plutôt qu'en continu.
- Ne pas garder le stock « au cas où ». Une boîte de plusieurs milliers de messages n'est pas une mémoire, c'est un poids.
Ce que propose Tinomi
L'infobésité ne se soigne pas par la volonté seule. Tinomi (logiciel français édité par Saxho) la traite dans l'ordre : d'abord déstocker, en classant chaque message par nature et en évacuant par piles entières ce qui n'a plus lieu d'être, sans rien détruire ; ensuite ne plus reprendre, en se désinscrivant d'un geste, expéditeur par expéditeur, et en laissant des règles validées faire sortir ce qui a été lu ; enfin s'organiser, en faisant des demandes des tâches placées dans la semaine.
Le temps rendu est compté, avec votre propre durée par message. Et vos messages restent hébergés en France.
Le temps rendu n'est pas promis. Il est compté.
Tinomi déstocke votre boîte par piles entières, empêche le stock de se reformer et fait des demandes des tâches placées dans votre semaine.
Voir Tinomi en situationQuestions fréquentes
Qu'est-ce que l'infobésité ?
C'est un excès d'information, notamment de mails et de notifications, qui fragmente l'attention, déborde sur la vie personnelle et use ceux qui le subissent.
Combien de mails reçoit un salarié français par semaine ?
Entre 135 et 144 en moyenne selon les éditions de l'Observatoire de l'infobésité, et plus de 330 pour les dirigeants.
Comment lutter contre l'infobésité ?
En réduisant le flot à la source (désinscriptions, sortie des listes de copie), en traitant ses mails par créneaux et en ne gardant pas le stock « au cas où ».
À lire aussi
Sources
- Observatoire de l'infobésité et de la collaboration numérique (OICN) et Mailoop, éditions 2023 et 2024, reprises par Clubic et Paperjam (chiffres différents selon l'édition).
- Microsoft, Work Trend Index, rapport spécial « Breaking down the infinite workday », juin 2025.
- Gloria Mark, Victor Gonzalez, Justin Harris, « No Task Left Behind? », conférence CHI, 2005.
- Stephen Barley, Debra Meyerson, Stine Grodal, « E-mail as a Source and Symbol of Stress », Organization Science, vol. 22, n° 4, 2011.
- Code du travail, article L2242-17 ; loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 ; INRS, « Droit à la déconnexion : comment le mettre en œuvre dans l'entreprise ? ».