Pourquoi votre boîte mail déborde : les cinq causes
Une boîte mail ne déborde pas par accident ni par manque de discipline. Elle déborde parce que tout, dans le fonctionnement du mail, pousse les messages à entrer, et rien ne les pousse à sortir.
Cause n° 1 : pourquoi envoie-t-on autant de mails ?
Parce qu'envoyer ne coûte rien. Écrire un mail prend une minute ; l'envoyer à dix personnes n'en prend pas davantage. Le coût est entièrement supporté par ceux qui le reçoivent : chacun devra l'ouvrir, le comprendre, décider s'il le concerne.
L'économiste Herbert Simon l'avait formulé dès 1971 : l'essentiel du coût de l'information est payé par celui qui la reçoit, et une abondance d'information crée une pauvreté d'attention.
Cause n° 2 : pourquoi est-on en copie de tout ?
Parce que la copie protège l'expéditeur. Mettre son responsable en copie, c'est se couvrir ; répondre à tous, c'est ne vexer personne. Chaque copie est raisonnable prise isolément. Leur somme, elle, remplit les boîtes.
L'Observatoire français de l'infobésité le mesure : les dirigeants reçoivent plus de 330 mails par semaine, plus du double de la moyenne. Plus on monte dans l'organisation, plus on est en copie.
Cause n° 3 : pourquoi les lettres d'information s'accumulent-elles ?
Parce que s'abonner est facile, et se désabonner fastidieux. Un achat en ligne, un livre blanc téléchargé, un salon professionnel, un compte créé pour un essai : chaque fois, une adresse s'ajoute à une liste. Personne ne se désinscrit au même rythme. Au bout de quelques années, des dizaines d'expéditeurs écrivent chaque semaine à quelqu'un qui ne les lit plus.
Cause n° 4 : pourquoi les outils de travail écrivent-ils par mail ?
Parce que le mail est le seul canal sûr de vous atteindre. Messagerie d'équipe, gestion de projet, logiciel de facturation, outil de signature : chacun vous prévient par mail qu'il se passe quelque chose chez lui. Les outils censés soulager la boîte sont devenus parmi ses plus gros expéditeurs.
Cause n° 5 : pourquoi les messages ne sortent-ils jamais ?
Parce que rien ne les fait sortir. Une boîte mail est conçue pour recevoir et pour garder. Un message lu reste là, tant que vous ne décidez pas de le déplacer. Et on ne le déplace pas : on garde « au cas où ».
C'est la cause la plus sous-estimée. Le flot du jour se gère ; c'est le stock qui étouffe. Une boîte de plusieurs milliers de messages ralentit chaque recherche, cache les demandes importantes, et oblige à relire ce qu'on a déjà vu.
Faut-il simplement être plus discipliné ?
Non. Une boîte mail déborde même chez les gens organisés, parce que les cinq causes sont structurelles. Les études le confirment : les chercheurs Barley, Meyerson et Grodal ont montré en 2011 que le sentiment de surcharge augmente avec le temps passé sur ses mails, quelle que soit l'organisation personnelle.
Il faut donc une réponse pour chaque cause :
| Cause | Réponse |
|---|---|
| Envoyer ne coûte rien | Décider vite de ce qui vous concerne vraiment |
| La copie à tous | Distinguer ce qui vous est adressé de ce qui vous informe |
| Les abonnements | Se désinscrire, expéditeur par expéditeur |
| Les notifications des outils | Les laisser sortir d'elles-mêmes une fois lues |
| Le stock gardé | Déstocker par piles entières, en gardant la mémoire des sujets clos |
Comment Tinomi agit sur chaque cause
Tinomi, logiciel français édité par Saxho, a été conçu pour traiter ces cinq causes dans l'ordre. Il classe chaque message par nature : ce qui demande une action, ce qui informe, les publicités, les lettres d'information. Vous désignez une fois vos expéditeurs de notifications, il s'en souvient.
Vous évacuez ensuite le stock par piles entières, sans rien détruire : les messages sont rangés et restent récupérables, et chaque conversation terminée peut être gardée en résumé PDF avant d'être rangée. Pour que le stock ne revienne pas, Tinomi vous désinscrit d'un geste, expéditeur par expéditeur, et vérifie que la désinscription a pris ; des règles que vous validez font sortir ce qui a été lu, au délai choisi. Ce qui demande une action devient une tâche, placée dans votre semaine.
Le temps rendu n'est pas promis. Il est compté.
Tinomi déstocke votre boîte par piles entières, empêche le stock de se reformer et fait des demandes des tâches placées dans votre semaine.
Voir Tinomi en situationQuestions fréquentes
Pourquoi ma boîte mail est-elle toujours pleine ?
Parce que tout y entre facilement et que rien n'en sort de soi-même : un message lu reste dans la boîte tant qu'on ne le déplace pas.
Quelle part de mes mails est vraiment utile ?
Elle varie selon les métiers. Chez Atos en 2011, la direction estimait que seuls 10 % des mails reçus étaient utiles et que 18 % relevaient du pourriel.
Faut-il supprimer ses anciens mails ?
Pas nécessairement les supprimer : les ranger hors de la boîte suffit à alléger son usage quotidien. Pour un sujet clos, garder un résumé de la conversation permet de ranger le fil sans perdre sa mémoire.
À lire aussi
Sources
- Herbert A. Simon, « Designing Organizations for an Information-Rich World », dans M. Greenberger (dir.), Computers, Communications, and the Public Interest, Johns Hopkins Press, 1971.
- Atos, annonce « zéro email », février 2011 (presse : Le Monde Informatique, ABC News).
- Observatoire de l'infobésité et de la collaboration numérique (OICN) et Mailoop, éditions 2023 et 2024.
- Stephen Barley, Debra Meyerson, Stine Grodal, « E-mail as a Source and Symbol of Stress », Organization Science, vol. 22, n° 4, 2011.