Relever ses mails trois fois par jour : l'expérience qui fait baisser le stress
Combien de fois avez-vous ouvert votre boîte aujourd'hui ? Si vous ne savez pas répondre, vous êtes dans la norme. La plupart d'entre nous la relèvent sans y penser, par réflexe, dès qu'une pastille apparaît ou qu'un moment de creux se présente.
Deux chercheurs de l'université de Colombie-Britannique, au Canada, ont voulu savoir ce qui se passe quand on arrête.
L'expérience
Kostadin Kushlev et Elizabeth Dunn ont recruté 124 adultes : étudiants, salariés, professionnels de secteurs variés. Pendant deux semaines, chacun a vécu deux régimes différents.
- Une semaine « au régime » : fermer sa messagerie, couper les notifications, ne relever ses mails que trois fois par jour.
- Une semaine « libre » : relever ses mails aussi souvent qu'on le souhaite.
La moitié des participants commençait par le régime, l'autre moitié par la semaine libre, puis on inversait. Chaque soir, tous remplissaient un questionnaire sur leur stress, leur humeur et leur sentiment d'avoir été productifs.
Que montre l'expérience ?
Le stress baisse. Pendant la semaine au régime, les participants se disaient moins tendus au quotidien, et en particulier pendant l'activité qu'ils jugeaient la plus importante de leur journée. Cette baisse du stress allait de pair avec un meilleur bien-être général.
La productivité ressentie ne bouge pas. Ceux qui relevaient leurs mails sans cesse ne se sentaient pas plus efficaces que ceux qui s'en tenaient à trois passages. On croit souvent que la vigilance permanente est le prix de la réactivité. L'expérience suggère qu'on paye ce prix pour rien.
Pourquoi ? Les auteurs avancent une explication simple : relever moins souvent, c'est changer moins souvent de tâche. Moins d'allers-retours, moins de pensées laissées en suspens.
Quelles sont les limites de l'étude ?
L'étude a ses faiblesses, et ses auteurs le reconnaissent.
Personne n'a vraiment tenu la consigne. Le groupe au régime relevait ses mails environ 4,5 fois par jour au lieu de trois. Le groupe libre, lui, avait baissé spontanément à environ 12,5 fois, contre 15,5 en temps normal. L'écart entre les deux était donc plus faible que prévu, ce qui rend le résultat d'autant plus notable.
C'est du déclaratif. Stress et productivité sont mesurés par ce que les gens disent, pas par des mesures physiologiques ou des résultats de travail.
Deux semaines, c'est court. On ne sait pas si l'effet tient sur des mois.
Pourquoi est-ce si difficile à appliquer ?
Si l'expérience est si convaincante, pourquoi tout le monde ne relève-t-il pas ses mails trois fois par jour ? Parce que la boîte ne s'y prête pas.
On a peur de rater l'important. Dans une boîte où tout arrive mélangé, publicités, notifications, lettres d'information et vraies demandes, rien ne distingue le mail urgent du reste. Alors on vérifie souvent, au cas où.
Le stock rend chaque passage plus long. Quand la boîte contient des milliers de messages, chaque relève devient une petite fouille. On préfère y aller souvent pour ne pas laisser s'accumuler.
Les demandes restent dans la boîte. Si les choses à faire vivent au milieu des mails, il faut bien aller dans la boîte pour savoir quoi faire. La boîte devient la liste de tâches, et on la consulte comme telle : en permanence.
Comment relever ses mails moins souvent ?
- Fixez trois créneaux : par exemple en début de matinée, après le déjeuner, en fin d'après-midi. Annoncez-les si votre métier l'exige.
- Coupez les notifications de la messagerie, sur l'ordinateur comme sur le téléphone.
- Faites de chaque passage un vrai traitement : chaque message lu reçoit une décision (répondre, planifier, ranger), plutôt qu'un « je verrai plus tard ».
- Sortez les actions de la boîte, pour ne plus avoir à y retourner pour savoir quoi faire.
Une boîte qui permet de relever moins souvent
Tinomi (logiciel français édité par Saxho) a été conçu pour rendre ce régime tenable. Chaque message est classé par nature : ce qui demande une action se distingue d'emblée des publicités, des notifications et des lettres d'information. Vous savez où regarder, et vous savez ce qui peut attendre.
Les messages qui demandent quelque chose deviennent des tâches datées, placées dans votre semaine : vous n'avez plus besoin d'ouvrir la boîte pour savoir quoi faire. Et le bruit qui la remplissait sort de lui-même, par des désinscriptions et des règles que vous avez validées.
Le temps rendu n'est pas promis. Il est compté.
Tinomi déstocke votre boîte par piles entières, empêche le stock de se reformer et fait des demandes des tâches placées dans votre semaine.
Voir Tinomi en situationQuestions fréquentes
Combien de fois par jour faut-il relever ses mails ?
L'expérience de Kushlev et Dunn (2015) a testé trois relèves par jour : le stress baisse, sans perte de productivité ressentie.
Couper les notifications de mail réduit-il le stress ?
Dans cette expérience, la consigne combinait messagerie fermée, notifications coupées et trois relèves par jour ; l'ensemble a réduit le stress quotidien.
Comment ne pas rater un mail urgent en relevant moins souvent ?
En triant les messages par nature, pour distinguer d'un coup d'œil ce qui demande une action du reste. C'est ce que fait Tinomi.
À lire aussi
Sources
- Kostadin Kushlev, Elizabeth Dunn, « Checking email less frequently reduces stress », Computers in Human Behavior, vol. 43, 2015, p. 220-228.
- Université de Colombie-Britannique, communiqué repris par ScienceDaily, décembre 2014.
- The New Republic, « You'll be less stressed if you check your email less frequently », 2014 (chiffres de respect de la consigne).