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Les outils censés nous libérer des mails nous noient sous les notifications

Par Xavier Hovasse, fondateur de Tinomi · · 6 min de lecture

Il y a dix ans, la promesse était claire : sortez vos échanges du mail, passez à la messagerie d'équipe, et votre boîte respirera. Faisons le bilan.

Qu'ont promis les outils de messagerie d'équipe ?

Des échanges plus rapides, rangés par sujet, visibles de toute l'équipe, au lieu de fils de mails interminables avec vingt personnes en copie. La promesse n'était pas absurde : pour les échanges internes rapides, une conversation vaut mieux qu'un mail.

Mais la promesse sous-entendait un remplacement. Ce qui s'est produit est une addition.

Que mesurent les études ?

Deux flots au lieu d'un. En 2025, Microsoft mesure sur l'usage réel de ses outils 117 mails et 153 messages Teams reçus par jour et par salarié. Le second flot dépasse le premier, sans l'avoir fait baisser.

Une interruption toutes les deux minutes. Le même rapport compte 275 interruptions par jour pendant les heures de travail, entre réunions, mails et messages instantanés.

1 200 bascules par jour. Une étude publiée par la Harvard Business Review en 2022, menée sur 137 personnes de trois grandes entreprises, comptait près de 1 200 passages quotidiens d'une application ou d'un site à l'autre. Le temps perdu à se réorienter après chaque passage atteignait près de quatre heures par semaine, soit environ 9 % du temps de travail annuel.

70 % de réflexe. En France, l'Observatoire de l'infobésité relève que plus de 70 % des salariés interrompent ce qu'ils font quand une notification arrive.

Pourquoi les outils se sont-ils additionnés au lieu de se remplacer ?

Parce que le mail est le seul canal universel. La messagerie d'équipe fonctionne avec ceux qui l'ont choisie. Les clients, les fournisseurs, les administrations écrivent par mail. Le mail externe n'a jamais été concerné.

Parce que chaque outil veut être vu. Une conversation qui attend, une mention, une tâche assignée, un commentaire sur un document : chaque outil prévient. Et quand vous n'êtes pas connecté, il prévient… par mail. Les outils censés soulager la boîte en sont devenus des expéditeurs réguliers.

Parce que l'instantané crée l'attente de l'instantané. Une messagerie affiche qui est en ligne et qui a lu. Ne pas répondre devient visible. Le réflexe de vérifier s'installe, et déborde sur le mail.

Que coûtent toutes ces notifications ?

Le coût n'est pas le temps de lire une notification : quelques secondes. C'est ce qu'elle interrompt. La chercheuse Gloria Mark a mesuré qu'il faut plus de vingt minutes en moyenne pour revenir à une tâche interrompue, et Sophie Leroy a montré qu'une partie de l'attention reste sur la tâche quittée. Multipliez par 275 interruptions par jour.

En 2025, 48 % des salariés interrogés par Microsoft décrivaient leur travail comme chaotique et morcelé, alors qu'ils n'ont jamais eu autant d'outils pour communiquer.

Que faire, sans tout abandonner ?

  1. Couper les notifications par défaut, et ne réactiver que celles des personnes ou des sujets qui le méritent.
  2. Choisir un canal par usage : l'instantané pour l'interne rapide, le mail pour l'externe et ce qui doit faire trace.
  3. Faire sortir les notifications de la boîte une fois lues. Une alerte de Teams ou d'un outil de projet a fini son travail dès qu'on l'a vue.
  4. Relever par créneaux, boîte comme messagerie.

Comment Tinomi traite la part qui arrive par mail

Tinomi, logiciel français édité par Saxho, ne remplace pas votre messagerie d'équipe. Il s'occupe de ce qui, de tous ces outils, finit dans votre boîte. Il classe chaque message par nature ; vous désignez une fois vos expéditeurs de notifications, il s'en souvient. Les notifications déjà lues sortent d'elles-mêmes, selon des règles que vous voyez et validez : vous gardez l'information, pas l'encombrement.

Ce qui demande vraiment une action devient une tâche, placée dans votre semaine. Le reste ne vous interrompt plus.

Le temps rendu n'est pas promis. Il est compté.

Tinomi déstocke votre boîte par piles entières, empêche le stock de se reformer et fait des demandes des tâches placées dans votre semaine.

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Questions fréquentes

Combien de notifications reçoit-on par jour au travail ?

Selon Microsoft (2025), un salarié subit en moyenne une interruption toutes les deux minutes pendant les heures de travail, soit 275 par jour, entre réunions, mails et messages instantanés.

Teams et Slack ont-ils réduit le nombre de mails ?

Les mesures de Microsoft montrent l'inverse : 117 mails et 153 messages Teams par jour, les deux flots s'additionnent.

Comment réduire les notifications au travail ?

En les coupant par défaut, en choisissant un canal par usage, en relevant par créneaux et en faisant sortir de la boîte les notifications une fois lues.

À lire aussi

Sources

  • Microsoft, Work Trend Index, rapport spécial « Breaking down the infinite workday », juin 2025.
  • Harvard Business Review, « How Much Time and Energy Do We Waste Toggling Between Applications? », août 2022 (137 personnes, trois entreprises).
  • Observatoire de l'infobésité et de la collaboration numérique (OICN) et Mailoop, éditions 2023 et 2024.
  • Gloria Mark, Victor Gonzalez, Justin Harris, « No Task Left Behind? », conférence CHI, 2005.
  • Sophie Leroy, « Why is it so hard to do my work? », Organizational Behavior and Human Decision Processes, vol. 109, 2009.