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Le résidu d'attention : pourquoi un mail lu « en passant » vous suit pendant des heures

Par Xavier Hovasse, fondateur de Tinomi · · 6 min de lecture

Vous travaillez sur un dossier. Vous jetez un œil à votre boîte. Un client demande un devis modifié « dès que possible ». Vous vous dites que vous verrez ça après. Vous revenez à votre dossier. Et pendant l'heure qui suit, le devis vous revient en tête, encore et encore.

Ce phénomène a un nom.

Qu'est-ce que le résidu d'attention ?

Le résidu d'attention est la part de notre attention qui reste sur une tâche précédente quand nous passons à la suivante. La chercheuse Sophie Leroy, aujourd'hui professeure à l'université de Washington à Bothell, l'a décrit dans un article publié en 2009 dans la revue Organizational Behavior and Human Decision Processes, au titre explicite : « Pourquoi est-il si difficile de faire mon travail ? ».

L'idée est simple : notre attention ne bascule pas d'un coup, comme un interrupteur. Elle glisse, et une partie reste en arrière.

Que montrent les expériences ?

Dans deux expériences, Sophie Leroy a demandé à des participants de passer d'une première tâche à une seconde, en faisant varier les conditions. Deux résultats ressortent.

Une tâche inachevée laisse plus de résidu. Quand on quitte un travail avant de l'avoir terminé, une partie de l'esprit continue de s'en occuper, et la performance sur la tâche suivante baisse.

Même terminer ne suffit pas toujours. Avoir fini la première tâche ne garantit pas une transition nette. En revanche, les participants qui avaient travaillé sous une échéance serrée se détachaient mieux : la contrainte de temps les avait poussés à boucler, et donc à lâcher prise.

Pourquoi le mail est-il le terrain idéal du résidu ?

Parce qu'un mail réunit toutes les conditions.

  • On le lit en passant, entre deux tâches, sans avoir prévu de le traiter.
  • Il demande souvent quelque chose : une réponse, une décision, un document.
  • On le laisse sans suite, avec un « je verrai plus tard ».

Résultat : une tâche inachevée de plus, qui s'ajoute à celle qu'on était en train de faire. Et comme on relève sa boîte des dizaines de fois par jour, les résidus s'empilent.

Les mesures récentes donnent l'échelle du problème. En 2025, Microsoft a relevé une interruption toutes les deux minutes en moyenne pendant les heures de travail. Une étude de la Harvard Business Review de 2022 comptait près de 1 200 passages par jour d'une application à l'autre.

Comment réduire le résidu d'attention ?

Relever sa boîte par créneaux. Moins de passages, moins d'occasions de laisser des tâches en suspens. Une expérience de 2015 a montré que trois relèves par jour suffisent à faire baisser le stress.

Décider à chaque lecture. Chaque mail lu doit recevoir une décision : y répondre tout de suite si c'est court, le planifier sinon, le ranger s'il n'appelle rien. « Je verrai plus tard » n'est pas une décision.

Écrire où et quand la chose sera faite. Sophie Leroy et Theresa Glomb ont montré en 2018 qu'un court plan de reprise (noter où l'on en est et ce qu'on fera ensuite) aide à se détacher d'une tâche interrompue. Pour un mail, cela veut dire : lui donner une date et une place.

Sortir le message de la boîte. Tant qu'il est là, chaque passage vous le remet sous les yeux.

Comment Tinomi s'y prend

Tinomi, logiciel français édité par Saxho, part de ce principe : un message qui demande une action ne doit pas rester une tâche inachevée dans votre tête. Il le classe par nature, pour que vous sachiez d'un coup d'œil ce qui appelle une décision. Puis il vous permet d'en faire une tâche, avec sa date, sa priorité et son effort, placée dans votre semaine. Les messages d'un même sujet deviennent une seule tâche, qui garde tout le fil sous la main. Le message quitte la boîte.

Vous ne « verrez pas ça plus tard » : vous savez quand vous le ferez. Et l'esprit peut revenir au dossier en cours.

Le temps rendu n'est pas promis. Il est compté.

Tinomi déstocke votre boîte par piles entières, empêche le stock de se reformer et fait des demandes des tâches placées dans votre semaine.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le résidu d'attention ?

C'est la part de l'attention qui reste sur une tâche après qu'on l'a quittée pour une autre, décrite par Sophie Leroy en 2009. Elle est plus forte quand la première tâche est inachevée.

Pourquoi un mail me trotte-t-il dans la tête ?

Parce qu'un mail qui demande quelque chose et qu'on laisse sans décision devient une tâche inachevée, qui continue de mobiliser une partie de l'attention.

Comment se débarrasser du résidu d'attention ?

En décidant à chaque lecture ce que le message deviendra, en notant quand on le traitera, et en limitant le nombre de passages dans la boîte.

À lire aussi

Sources

  • Sophie Leroy, « Why is it so hard to do my work? The challenge of attention residue when switching between work tasks », Organizational Behavior and Human Decision Processes, vol. 109, n° 2, 2009, p. 168-181.
  • Sophie Leroy, Theresa Glomb, « Tasks Interrupted: How Anticipating Time Pressure on Resumption of an Interrupted Task Causes Attention Residue… and How a “Ready-to-Resume” Plan Mitigates the Effects », Organization Science, vol. 29, n° 3, 2018.
  • Sophie Leroy, page de recherche, université de Washington à Bothell.
  • Microsoft, Work Trend Index, rapport spécial « Breaking down the infinite workday », juin 2025.
  • Harvard Business Review, « How Much Time and Energy Do We Waste Toggling Between Applications? », août 2022.
  • Kostadin Kushlev, Elizabeth Dunn, « Checking email less frequently reduces stress », Computers in Human Behavior, vol. 43, 2015.