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Combien d'heures votre boîte mail vous prend-elle vraiment ?

Par Xavier Hovasse, fondateur de Tinomi · · 7 min de lecture

Posez la question autour de vous, vous obtiendrez des réponses vagues : « trop », « une bonne partie de la journée », « je ne préfère pas savoir ». C'est normal. Le temps passé dans la boîte mail ne se voit pas : il se répartit en dizaines de petits passages, entre deux réunions, en attendant un train, le soir avant de dormir.

Les chercheurs, eux, ont essayé de le mesurer. Leurs chiffres ne disent pas tous la même chose, mais ils convergent vers une conclusion inconfortable.

Combien de temps les salariés passent-ils sur leurs mails ?

McKinsey, 2012 : 28 % de la semaine. C'est le chiffre le plus cité, et il commence à dater. Le McKinsey Global Institute estimait que les salariés dont le métier repose sur l'échange d'informations passaient 28 % de leur semaine, soit environ 13 heures, à lire, écrire et répondre à des mails. Sur une année, cela fait environ 650 heures. Le même rapport notait que seulement 39 % de la semaine était consacrée aux tâches propres au métier.

Adobe, 2019 : plus de trois heures par jour. L'éditeur interrogeait chaque année un millier d'Américains. En 2019, ils déclaraient passer 209 minutes par jour ouvré sur leurs mails professionnels. C'est du déclaratif : on sait mal estimer ce genre de durée, et plutôt dans un sens favorable.

Microsoft, 2025 : 117 mails par jour. Ici, plus de questionnaire : Microsoft a mesuré l'usage réel de ses outils. Un salarié reçoit en moyenne 117 mails par jour, la plupart parcourus en moins d'une minute, et 153 messages dans Teams.

France, 2023-2024 : entre 135 et 144 mails par semaine. L'Observatoire de l'infobésité et de la collaboration numérique, avec la société Mailoop, a analysé les données de près de 9 000 personnes. Les dirigeants dépassent 330 mails par semaine.

Comment calculer son propre temps passé sur les mails ?

Les moyennes sont utiles pour comprendre, moins pour décider. Votre situation à vous se calcule en deux minutes.

  1. Comptez ce qui arrive. Regardez combien de messages vous avez reçus hier, ou divisez par cinq ce que vous recevez en une semaine.
  2. Estimez votre durée par message. Pas le temps de lire un long mail : la moyenne, tous messages confondus. Ouvrir, comprendre de quoi il s'agit, décider, ranger ou supprimer. Pour beaucoup de gens, c'est entre 30 secondes et une minute.
  3. Multipliez.

Un exemple, avec le chiffre de Microsoft : 117 messages × 45 secondes, cela fait près d'une heure et demie par jour. Rien que pour trier, avant d'avoir répondu à qui que ce soit. Sur une semaine de cinq jours, plus de sept heures. Une journée de travail entière.

Et ce calcul est indulgent : il ne compte ni les réponses, ni le stock de messages anciens qu'on relit « pour voir s'il n'y avait pas quelque chose », ni le temps perdu à se remettre au travail après chaque passage dans la boîte.

Le coût caché : ce n'est pas le temps, c'est la concentration

Le temps passé à lire n'est que la partie visible. Le coût le plus lourd est ailleurs : chaque passage dans la boîte coupe ce que vous étiez en train de faire.

Les travaux de Gloria Mark, à l'université de Californie à Irvine, ont mesuré qu'il faut en moyenne plus de vingt minutes pour revenir à une tâche interrompue, après être passé par une ou deux autres entre-temps. La chercheuse Sophie Leroy a montré en 2009 qu'une partie de l'attention reste accrochée à la tâche précédente quand on passe à la suivante, surtout si la première est restée inachevée. Un mail lu « en passant » et laissé sans suite est exactement cela.

Une demi-heure d'attention continue peut ainsi en coûter une heure et demie en mode interrompu. C'est ce temps-là que personne ne compte.

Pourquoi ce temps est-il si difficile à voir ?

Parce que le temps est émietté. Trois minutes ici, cinq là. Aucun passage ne paraît coûteux. C'est leur nombre qui l'est.

Parce que la boîte ressemble à du travail. Répondre, trier, classer : on a l'impression d'avancer. Une partie de ce temps est utile ; une autre ne fait que déplacer des messages d'un endroit à un autre.

Parce que le stock pèse sans bruit. Une boîte de plusieurs milliers de messages ralentit chaque recherche, cache les demandes importantes sous les lettres d'information, et oblige à relire ce qu'on a déjà vu. Ce poids ne figure dans aucune étude, mais chacun le ressent.

Que faire dès demain pour en passer moins ?

  • Relever ses mails à heures fixes. Une expérience menée en 2015 à l'université de Colombie-Britannique a montré qu'en limitant la relève à trois fois par jour, le stress baisse, sans perte de productivité ressentie.
  • Couper les notifications de la messagerie pendant les plages de travail de fond.
  • Se désinscrire chaque semaine de trois lettres d'information qu'on n'ouvre plus.
  • Ne pas laisser un mail qui demande une action dans la boîte : lui donner une date, ailleurs.

Mesurer, pas supposer

Nous avons construit Tinomi (logiciel français édité par Saxho) autour d'une idée simple : le temps rendu doit être compté, pas promis. Tinomi classe chaque message par nature, vous aide à évacuer le stock par piles entières sans rien détruire, empêche ce stock de se reformer par des désinscriptions et des règles que vous validez, et fait des messages qui demandent une action des tâches placées dans votre semaine.

Puis il compte. Chaque message traité pour vous est multiplié par votre propre durée par message, que vous réglez vous-même (45 secondes par défaut). On ne compte jamais votre lecture ni vos réponses, seulement ce que Tinomi a fait à votre place. Le chiffre affiché est le vôtre.

Le temps rendu n'est pas promis. Il est compté.

Tinomi déstocke votre boîte par piles entières, empêche le stock de se reformer et fait des demandes des tâches placées dans votre semaine.

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Questions fréquentes

Combien de temps passe-t-on en moyenne sur ses mails au travail ?

Les estimations vont de deux à plus de trois heures par jour selon les études : 28 % de la semaine selon McKinsey (2012), 209 minutes par jour ouvré déclarées selon Adobe (2019).

Combien de mails reçoit un salarié par jour ?

Microsoft mesure 117 mails par jour en moyenne en 2025. En France, l'Observatoire de l'infobésité compte entre 135 et 144 mails par semaine, et plus de 330 pour les dirigeants.

Comment mesurer le temps que me prennent mes mails ?

Multipliez le nombre de messages reçus par jour par votre durée moyenne de traitement par message. Tinomi fait ce calcul en continu pour le temps qu'il vous rend, avec une durée que vous réglez vous-même.

À lire aussi

Sources

  • McKinsey Global Institute, The social economy: Unlocking value and productivity through social technologies, juillet 2012.
  • Adobe, Email Usage Study, 2019 (environ 1 000 adultes américains, déclaratif).
  • Microsoft, Work Trend Index, rapport spécial « Breaking down the infinite workday », juin 2025.
  • Observatoire de l'infobésité et de la collaboration numérique (OICN) et Mailoop, éditions 2023 et 2024.
  • Gloria Mark, Victor Gonzalez, Justin Harris, « No Task Left Behind? », conférence CHI, 2005.
  • Sophie Leroy, « Why is it so hard to do my work? », Organizational Behavior and Human Decision Processes, vol. 109, 2009.
  • Kostadin Kushlev, Elizabeth Dunn, « Checking email less frequently reduces stress », Computers in Human Behavior, vol. 43, 2015.